Cameroun : Le Figaro dresse la liste des sectes qui gouvernent le pays voici les détails

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La présence de sectes et de pratiques magiques-annales au Cameroun ne date pas d’aujourd’hui. Dès 2011, le journal français Le Figaro recensait les loges qui contrôlaient la vie politique au Cameroun. Plusieurs sectes étendent leur influence sur la vie politique du pays au grand dam de l’Église catholique. Avec la réélection du président camerounais Paul Biya pour un sixième mandat, qui a finalement été reconnue jeudi par son principal rival John Fru Ndi, une autre constante de la politique locale ne devrait pas changer: le pouvoir des sectes. Partout en Afrique, les forces de l’invisible sont au pouvoir. Mais nulle part autant qu’au Cameroun. « Que ce soit dans l’administration, dans la fonction publique, en politique ou à l’université, 95% des nominations se font en tenant compte de l’appartenance à une secte », a déclaré Magellan Omballa, professeur de sciences politiques. Il s’est lui-même vu proposer l’entrée dans un ordre par un ministre dont il était le conseiller. « Il m’a dit: » Vous n’êtes pas des nôtres, nous devons nous rejoindre « . J’ai refusé, le ministre m’a alors précisé que ma promotion serait bloquée », explique le professeur. Le goût de la magie Particularités locales, les sociétés secrètes originaires d’Europe occupent une place prépondérante. Parmi eux, «l’Ordre ancien et mystique de la Rose-Croix», un cercle ésotérique «qui retrace ses origines traditionnelles aux écoles de mystères de l’Égypte ancienne» et se prétend «gardien d’une extraordinaire connaissance ésotérique». , après la localisation française de ce mouvement international. Les plus hautes autorités de l’Etat camerounais y auraient appartenu ou en seraient encore membres: ministres, généraux, directeurs de parapublics… «La Rose-Croix était très puissante au Cameroun, explique Magellan Omballa. Il a ensuite connu une éclipse solaire en faveur de la franc-maçonnerie, mais ces derniers temps, il semble revenir en vigueur.  » Le goût africain pour la magie et le mystère n’explique pas tout. «L’impossibilité de faire confiance à ses gains et à ses compétences pour assumer une position de responsabilité ou simplement pour être socialement« performant »oblige à imaginer d’autres voies et logiques», écrit Fanny Pigeaud dans Au Cameroun de Paul Biya (Karthala Dépense). L’Église catholique est alarmée. «Les prêtres reçoivent souvent les fidèles qui leur confient leur douleur de rejoindre une secte pour obtenir un emploi», a déclaré le père Sébastien Mongo, porte-parole de l’archidiocèse. Certains demandent en fait l’approbation de l’église. «Cependant, cela ne peut être accordé. «Nous devons nous souvenir de ce que dit l’Église», a ajouté le père Sébastien. Le pouvoir des sectes est souvent évoqué dans la réflexion théologique de l’Église camerounaise. Mais il s’agit d’un élément fort. « L’idée pour beaucoup de gens est: » Les Rosicruciens protègent, nous pouvons devenir riches, avoir de l’influence « , a déclaré le prêtre.

Le politologue Mathias Owana Nguini approuve: «Dans l’élite, on est convaincu que l’on ne peut pas faire carrière sans cette béquille.» Démarche purement utilitaire? «Pas complètement, répond le professeur. Les cérémonies, le côté secret aussi, trouvent un terrain fertile au Cameroun. Elles rappellent aux Camerounais leurs propres sociétés initiatiques.»

La magie traditionnelle est présente dans la vie de tous les jours. La semaine dernière, au cours d’un déjeuner offert par le ministre de la Communication, un cadre camerounais, observateur du scrutin, explique tranquillement: «Chez nous, on utilise les morts. Des personnes décédées sont rappelées à la vie et deviennent l’esclave de quelqu’un.» Le ministre, originaire du Nord musulman, secoue la tête: «Moi, je ne crois pas à ces choses-là.» L’observateur s’insurge: «C’est prouvé! L’autre jour, j’ai vu la tombe d’un mort récent, et il n’y était plus.»

Ces pratiques, et d’autres plus sulfureuses, ont été dénoncées par l’archevêque de Yaoundé, Mgr Tonye Bakot, dans une homélie de 2005, rappelle Fanny Pigeaud: «beaucoup de hauts responsables se livrent au satanisme», a tonné en chaire le prélat.

Dans le même sermon, l’archevêque s’est emporté contre une habitude encore plus surprenante: «Pour un poste de travail, une entrée dans une grande école, on contraint nos jeunes à l’homosexualité.» Le problème a été mis sur la place publique en 2006, quand des journaux ont publié des «listes d’homosexuels» appartenant à l’élite, -accusation grave dans un pays où ¬l’homosexualité est criminalisée. «Il s’agissait en fait d’une lutte pour le pouvoir, explique un observateur. Ceux qui ont dénoncé cherchaient à éliminer des concurrents.» Cette pratique n’a rien à voir avec une sexualité consentie. «Il s’agit, dans le cadre d’un rituel, de soumettre ceux qui cherchent des postes, pour ensuite mieux les contrôler», ajoute cet observateur.

REF: www.camerounweb.com

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